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Marcottage fraisier : méthodes simples pour multiplier vos plants et obtenir une récolte généreuse

Marcottage fraisier : méthodes simples pour multiplier vos plants et obtenir une récolte généreuse

Marcottage fraisier : méthodes simples pour multiplier vos plants et obtenir une récolte généreuse

Dans mon petit carré de jardin urbain, il y a un coin qui n’a jamais entendu parler de crise du logement : c’est le coin des fraisiers. Chaque année, ils s’étalent, ils courent, ils colonisent, comme s’ils signaient un bail collectif avec les merles et les limaces. Et au milieu de ce joyeux bazar végétal, le marcottage, c’est un peu mon super-pouvoir discret pour transformer quelques plants fatigués en une armée de fraisiers productifs.

Si vous avez déjà vu ces longues tiges qui rampent au sol avec de petites rosettes de feuilles au bout, vous avez déjà croisé le marcottage… sans forcément le savoir. Bonne nouvelle : multiplier vos fraisiers ainsi est l’une des techniques les plus simples, les plus économiques, et les plus satisfaisantes qui soient pour obtenir plus de plants et une récolte généreuse.

Marcottage de fraisier : de quoi parle-t-on exactement ?

Le fraisier est une plante maligne. Au lieu de compter seulement sur ses graines (qui finissent souvent dans le bec d’un oiseau ou coincées dans nos dents), il préfère envoyer des stolons : de longues tiges rampantes qui portent de nouveaux bébés fraisiers à leur extrémité. C’est ça, le marcottage naturel.

En jardinage, on parle de marcottage quand on aide ces bébés plants à s’enraciner là où on le souhaite, pour obtenir de nouveaux fraisiers bien positionnés, vigoureux, et prêts à produire. Pas besoin de serre, pas besoin d’hormones de bouturage, pas besoin d’outils compliqués : juste un peu d’observation et deux mains pas trop pressées.

Le principe est simple :

Résultat : de nouveaux plants gratuits, clonés de vos meilleurs fraisiers, et un massif qui reste organisé au lieu de ressembler à une bataille de câbles sous un bureau.

Pourquoi choisir le marcottage pour vos fraisiers ?

Vous pourriez acheter des plants chaque année, bien sûr. Mais le marcottage présente quelques avantages très concrets :

Et puis, soyons honnêtes : il y a une joie presque enfantine à s’agenouiller dans l’herbe, à suivre du doigt le trajet d’un stolon, et à décider : « Toi, tu vas t’installer ici, à côté de la ciboulette. » C’est un peu du jardinage de proximité, version fraisiers.

Quand marcotter les fraisiers pour une récolte généreuse ?

Le bon timing, c’est un peu le secret pour éviter les plants malingres ou les récoltes décevantes l’année suivante.

En général, les fraisiers émettent des stolons à partir de la fin du printemps jusqu’au cœur de l’été. C’est donc pendant cette période que vous allez intervenir, avec une préférence pour :

Deux repères simples :

Si vous vous y prenez trop tard (octobre par exemple), les bébés fraisiers risquent de ne pas s’installer correctement avant l’hiver, et leur démarrage au printemps sera poussif. Pas catastrophique, mais moins généreux.

Préparer le terrain : installer un coin fraisiers bien pensé

Avant de fixer vos bébés plants n’importe où, prenez deux minutes pour réfléchir à l’endroit que vous leur offrez. Les fraisiers, même s’ils ont l’air rustiques, ont leurs exigences de petites divas.

Ils aiment :

Si votre sol est lourd, argileux, gorgé d’eau dès qu’il pleut deux jours, pensez à :

Dans mon jardin, les fraisiers ont fini par coloniser la bordure d’un petit passage en gravier. Au début je les surveillais de près, maintenant je les laisse choisir leurs niches, mais je les aide juste à s’installer là où je sais que le soleil sera généreux. C’est un compromis : eux se multiplient, moi j’organise un peu leur enthousiasme.

Marcottage direct en pleine terre : la méthode la plus simple

C’est la méthode reine, celle que la plupart des fraisiers choisiraient si on leur laissait la parole.

Matériel :

Étapes :

Voilà, vous avez officiellement un nouveau fraisier autonome. À ce stade, j’avoue parler parfois à mes jeunes plants (« Allez, montre-moi de quoi tu es capable l’année prochaine »). Personne ne m’entend. Enfin, je crois.

Marcottage en pot : pour maîtriser l’emplacement au millimètre

Si votre massif est déjà rempli, ou si vous voulez offrir des plants à un voisin (ou faire une réserve pour l’an prochain), le marcottage en pot est très pratique.

Matériel :

Étapes :

Avantage : vous obtenez des plants parfaitement transplantables, que vous pouvez déplacer en automne ou au début du printemps suivant pour réorganiser vos rangs, remplir une nouvelle parcelle ou monter une « opération fraisiers » chez vos proches.

C’est aussi une bonne façon de « sauver » des bébés fraisiers quand le sol autour des plantes mères est trop sec, trop compact ou trop encombré.

Combien de temps garder un pied mère ?

Les fraisiers ne sont pas éternels. La fructification est souvent optimale les deux premières années, puis décline.

Une stratégie souvent adoptée par les jardiniers :

En pratique, dans mon jardin, chaque année je fais une sorte de « casting » : qui a donné les plus belles fraises ? Qui a bien résisté aux maladies ? Ce sont ces plants-là que je laisse émettre le plus de stolons. Les autres, je les laisse vivre leur vie, mais sans leur donner un rôle principal dans la saison suivante.

Entretenir une fraisière issue de marcottage

Une fois vos jeunes plants installés, quelques gestes simples vont faire toute la différence sur la récolte à venir.

En résumé, un peu d’eau, un peu d’ombre fraîche grâce au paillage, et beaucoup d’observation. Le reste, les fraisiers le gèrent tout seuls, comme des grands.

Erreurs fréquentes à éviter avec le marcottage des fraisiers

Le marcottage est indulgent, mais quelques pièges classiques peuvent vous faire perdre du temps (et quelques fraises).

Et la biodiversité dans tout ça ?

Multiplier ses fraisiers, c’est aussi enrichir un petit écosystème de jardin. Les fleurs de fraisiers attirent abeilles, bourdons, syrphes. Les fruits nourrissent (malgré nous parfois) oiseaux, limaces, insectes divers. Tout ce petit monde participe à la vie du sol, directement ou indirectement.

En choisissant le marcottage plutôt que l’achat systématique de nouveaux plants, vous :

C’est une petite décision technique au jardin, mais elle s’inscrit dans une logique plus large : ralentir, observer, accompagner plutôt que forcer. Et il y a quelque chose de très apaisant à se dire que, d’année en année, votre fraisière est le fruit d’une histoire commune entre vos mains, votre sol… et quelques stolons très motivés.

La prochaine fois que vous verrez un stolon de fraisier courir au sol, au lieu de le subir (ou de le couper sans réfléchir), vous saurez quoi lui proposer : « Viens, je t’installe là, on va bien s’entendre. » Et souvent, quelques mois plus tard, une première fraise bien rouge posée sur le paillage vous donne raison.

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